Dents incluses ou bloquées : diagnostic et traitement orthodontique

Une dent incluse est une dent définitive qui reste bloquée dans l'os ou la gencive et ne parvient pas à faire son éruption normalement sur l'arcade. Les canines supérieures sont les dents les plus fréquemment concernées (après les dents de sagesse). Un diagnostic précoce et une prise en charge orthodontique adaptée permettent dans la plupart des cas de guider la dent incluse vers sa position fonctionnelle.

Comprendre l'inclusion dentaire

Définition et fréquence

L'inclusion dentaire concerne environ 2 % de la population pour les canines supérieures, ce qui en fait un motif de consultation fréquent en orthodontie. On distingue l'inclusion totale (la dent est entièrement dans l'os) de l'inclusion partielle (la dent est partiellement visible dans la bouche). On parle aussi de dent retenue ou ectopique lorsque la dent est déviée de son trajet normal d'éruption.

Les causes de l'inclusion

Plusieurs facteurs peuvent empêcher une dent de faire son éruption normale : un manque de place dans l'arcade dentaire (encombrement), un obstacle sur le trajet d'éruption (kyste, dent surnuméraire, dent de lait persistante), une position anormale du germe dentaire (germe orienté horizontalement ou vers le palais), un traumatisme, ou un facteur héréditaire. La position palatine des canines supérieures incluses est la plus fréquente.

Quelles dents sont concernées ?

Les dents de sagesse sont les plus fréquemment incluses, mais leur extraction est généralement gérée par le chirurgien oral. En orthodontie, les canines supérieures sont les principales concernées, suivies des prémolaires inférieures, des incisives centrales supérieures et, plus rarement, d'autres dents. Les canines jouent un rôle clé dans l'esthétique du sourire et la fonction masticatoire, ce qui rend leur conservation particulièrement importante.

Le diagnostic : rôle de la radiographie

La radiographie panoramique

La radiographie panoramique (orthopantomogramme) est le premier examen réalisé. Elle permet de visualiser l'ensemble des dents, des germes dentaires et des structures osseuses sur un seul cliché. Elle permet de repérer les dents absentes, mal positionnées ou bloquées, et d'évaluer leur position approximative.

Le scanner ou le cone beam (CBCT)

Pour localiser précisément une dent incluse dans les trois dimensions de l'espace, un examen 3D (scanner ou cone beam) est souvent nécessaire. Il permet de déterminer la position exacte de la dent par rapport aux structures voisines (racines des dents adjacentes, sinus, nerf), l'angulation du germe, et la faisabilité de sa mise en place orthodontique.

L'importance du dépistage précoce

Plus une dent incluse est détectée tôt, plus le traitement est simple et le pronostic favorable. C'est l'une des raisons majeures pour lesquelles une consultation orthodontique est recommandée dès 7 ans. À cet âge, une radiographie panoramique permet de repérer les anomalies d'éruption et d'anticiper les problèmes. Un traitement interceptif (extraction de la dent de lait persistante, création d'espace) peut parfois suffire à guider spontanément la dent vers l'arcade.

Le traitement des dents incluses

La traction orthodontique

Le traitement de référence associe une intervention chirurgicale et un traitement orthodontique. Le chirurgien oral ou le stomatologue dégage la couronne de la dent incluse en réalisant un lambeau gingival, puis colle une attache (bracket ou bouton) sur la dent. L'orthodontiste exerce ensuite une traction progressive et contrôlée sur cette attache, à l'aide d'un arc ou d'une chaînette élastique, pour amener lentement la dent sur l'arcade. Ce processus peut prendre 6 à 18 mois selon la position de la dent.

L'extraction

Dans certains cas, la mise en place orthodontique n'est pas possible ou pas souhaitable : dent fortement ankylosée (soudée à l'os), position trop défavorable, risque de résorption des racines des dents voisines, ou patient adulte dont la dent est incluse depuis longtemps. L'extraction est alors préférée, suivie si besoin d'une fermeture orthodontique de l'espace ou d'une solution prothétique (implant).

Questions fréquentes

Quelles dents sont le plus souvent incluses ?

Après les dents de sagesse, les canines supérieures sont les plus fréquemment incluses (environ 2 % de la population). Les prémolaires inférieures et les incisives centrales supérieures peuvent aussi être concernées, mais plus rarement.

L'opération de dégagement chirurgical est-elle douloureuse ?

L'intervention se fait sous anesthésie locale (parfois sous sédation ou anesthésie générale selon les cas). Les suites opératoires comportent un gonflement et un inconfort pendant quelques jours, gérés par des antalgiques et une alimentation adaptée.

Combien de temps faut-il pour mettre en place une canine incluse ?

La traction orthodontique d'une canine incluse prend en moyenne 6 à 18 mois, selon la profondeur de l'inclusion et la distance à parcourir. Cette phase s'intègre dans le traitement orthodontique global.

Que se passe-t-il si on ne traite pas une dent incluse ?

Une dent incluse non traitée peut rester asymptomatique pendant des années, mais elle comporte des risques : formation d'un kyste autour de la couronne, résorption des racines des dents voisines, ou infection. Un suivi régulier est recommandé même en l'absence de traitement.

Mon enfant de 9 ans n'a pas encore sa canine définitive, est-ce normal ?

Les canines supérieures définitives font leur éruption entre 10 et 13 ans. À 9 ans, il est encore tôt pour s'inquiéter, mais une radiographie panoramique vers 8-9 ans permet de vérifier la position du germe et d'anticiper une éventuelle inclusion.

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Orthodontiste à Castelnau-le-Lez, conventionné secteur 1. Consultation sur rendez-vous.